Montessori pour les Bébés par Muriel Lefebvre – fiche de lecture

En Egypte, en 2010, alors que j’étais encore célibataire, un collègue avait mis son fils de 3 ans dans une maternelle Montessori, suite à des désaccords avec l’école précédente. Il avait alors attiré mon attention sur cet enseignement fondé sur l’autonomie des enfants. Il m’expliquait que son fils pouvait choisir son activité en allant chercher lui-même son petit plateau. Son enfant semblait beaucoup apprécier sa nouvelle école !

Enceinte de mon premier enfant, j’ai lu avec grand intérêt le petit livre kindle de Muriel Lefebvre, Montessori pour les Bébés. Plus tard, je me suis plongée dans les écrits de Maria Montessori et me suis formée à la pédagogie Montessori pour les 0-3 ans et les 3-6 ans.

Muriel Lefebvre est maman de 4 enfants, éducatrice Montessori depuis 30 ans, et formatrice sur la pédagogie Montessori. Elle tient un blog accessible ici. Elle propose des formations à la pédagogie Montessori.

Montessori pour les bébés : première partie

Le début de la première partie est plutôt théorique et résume quelques éléments fondamentaux de la pédagogie Montessori.

Par exemple, voici les valeurs de l’accompagnement naturel de l’enfant par l’adulte :

– l’ordre : la maison est propre et rangée, le matériel d’éveil est classé.

– la consistance : afin de ne pas perturber la carte de compréhension du monde que se construit le bébé, on modifie rarement l’emplacement des meubles et objets, on suit des routines dans nos actes et paroles, on a une communication claire et on établit des règles non variables.

– la sécurité et le confort : l’environnement est sécurisé et adapté pour l’enfant, qui reste toujours sous surveillance d’un adulte, sauf éventuellement pendant de petites périodes dans un endroit tout à fait sûr.

Premier chapitre : la psychologie de l’enfant. Quelques éléments (attachement…)

Deuxième chapitre : les émotions. Comment éduquer l’enfant à la compréhension et la maîtrise de ses émotions ?

Troisième chapitre : L’observation. De l’importance d’observer l’enfant pour adapter le milieu à ses besoins, sans lui plaquer d’étiquette sur le dos.

Quatrième chapitre : le Nido. Le lieu d’accueil du bébé avant 18 mois, et ses caractéristiques (calme, bien rangé, harmonieux…).

Cinquième chapitre : l’amour et la paix. Proposer un petit espace dédié à la paix dans le lieu d’accueil ou la maison, avec, par exemple, un petit jardin japonais.

Montessori pour les bébés : deuxième partie

La deuxième partie donne des conseils d’éducation concrets, selon la pédagogie Montessori, aux différentes étapes de développement du bébé.

Premier chapitre : de 0 à 6 mois.

Le bébé absorbe tout, l’ambiance et l’amour qu’il ressent autour de lui. Sa vue évolue. A la naissance, elle n’est que de 1/20ème, à 6 mois, de 2/20ème, et il voit de petits objets, peut suivre un mouvement dans une pièce.

On y trouve des conseils pour changer, laver, nourir, habiller bébé. Par exemple, le bébé doit être habillé de matières douces et être libre de ses mouvements. Pour le sommeil, il est conseillé d’avoir un topponcino, un petit matelas qui peut l’accompagner partout.

Pour l’éveil de bébé, prévoir des objets à regarder (mobiles), des objets à attraper (grelots), des objets à manipuler (hochets). Des conseils pratiques avec schémas et photos pour choisir et/ou fabriquer ces objets. Prévoir aussi un miroir pour que le bébé puisse se voir dedans, quand il est couché et aussi quand il commence à se tenir debout.

Des conseils pour gérer l’anxiété du bébé.

Deuxième chapitre : de 6 à 12 mois

Apprentissage de la station debout. Ce que cela entraîne pour le bébé (modification de la logique visuelle, modification des repères spatiaux modification du rapport à la gravité et de la logique de pesanteur…). Quels objets peuvent l’aider ? Le trotteur est fortement déconseillé. Par contre, on peut proposer une barre d’appui, un petit chariot à pousser (plus lourd que l’enfant), un gros tabouret.

Et encore : la nourriture (début du sevrage), le sommeil (apprendre à l’enfant à s’endormir de manière indépendante), aménager l’espace d’éveil, avec des revêtements de sols adaptés, des étagères avec des petits paniers d’activités, prévoir un moment de jeu dans l’eau, un portique en bois sur lequel accrocher des objets d’éveil, un panier avec des balles de différentes tailles et textures (les balles semblent avoir un grand succès auprès des bébés). D’autres précisions sur le matériel d’éveil.

Le début du langage et comment l’accompagner.

Troisième chapitre : Entre 1 et 2 ans.

Le développement physiologique du bébé : l’enfant est de plus en plus mobile et capable de faire de plus en plus de choses avec ses mains. L’espace doit être d’autant plus sécurisé. On ne cherche pas tellement à donner des jouets à l’enfant, mais plutôt à lui laisser expérimenter et découvrir le monde autour de lui (vider des placards, appuyer sur des interrupteurs…). L’apprentissage passe par la répétition quotidienne et la liaison avec les fonctions de la vie courante (comme mettre la table pour la famille tous les jours). La vie courante, c’est ressourçant pour l’enfant, car il prend soin de lui et des autres, maîtrise son environnement et l’embellit.

En ce  qui concerne le matériel d’éveil, on peut utiliser des boîtes à ouvrir et fermer, des boîtes à formes, des objets à tirer.

L’éveil social entre 1 et 2 ans : laisser à l’enfant de l’autonomie pour son habillage, sa nourriture, le soin de sa personne. On l’accompagne, on prévoit un environnement favorable à ce qu’il fasse lui-même et on l’aide seulement s’il demande. On l’observe pour savoir ce qu’il est capable de faire ou pas encore. On évite de l’interrompre, afin de favoriser les longs moments de concentration. Vie quotidienne (voir au-dessus).

Le langage entre 1 et 2 ans : parler à l’enfant de ce qu’on fait mais aussi de ce qui l’entoure. Ne pas trop anticiper ses besoins pour l’inciter à parler pour demander et communiquer. Un bon complément est l’apprentissage du langage des signes avec le bébé. Le bébé est souvent limité dans sa communication par sa capacité à prononcer des sons. Le langage des signe pallie cela.

Les émotions entre 1 et 2 ans : apprendre au bébé à exprimer ses émotions, par les signes par exemple, lui apprendre les « bonnes manières », lui apprendre à choisir ses activités et à respecter celles des autres, lui apprendre à accepter les erreurs, à se relever quand il tombe.

Quatrième chapitre : entre 2 et 3 ans.

La période des « caprices » (qui n’existent pas pour la pédagogie Montessori), l’augmentation de l’indépendance et de l’autonomie. Pour Montessori, il faut éviter d’avoir à dire non, pour encourager l’autonomie et l’initiative d’exploration. Pour cela, l’environnement doit être bien adapté et sécurisé. Quand il a fini une activité, on évite les mots comme « bravo » (jugement); on dit simplement « oui », et on demande à l’enfant s’il est satisfait de ce qu’il a fait, on montre de l’intérêt.

Aménager la maison : dans sa chambre, on met à disposition une étagère avec un petit choix de vêtements adaptés à la saison pour qu’il puisse s’habiller tout seul. Dans la salle de bain et la cuisine, ses ustensiles sont rangés dans l’ordre d’utilisation et à sa portée, de manière à ce qu’il puisse se brosser les dents seul, mettre son couvert seul.

Un matériel bénéfique pour les enfants marcheurs : la brouette, qui aide à la maîtrise de l’équilibre.

Aménager l’extérieur de la maison : on sort les jeux à l’extérieur, on laisse le bébé se salir, on lui propose des activités comme sentir les fleurs, classer des cailloux par taille, former des dessins avec des petits objets naturels, démarrer un petit potager…

Les enfants veulent participer à l’entretien de leur environnement : on leur en laisse l’occasion autant que possible, après leur avoir bien montrer comment faire, en exagérant les gestes, et en leur confiant toutes sortes de petites tâches. C’est l’enfant qui devra réparer les conséquences d’un geste effectué imparfaitement (balayer de la semoule éparpillée, éponger de l’eau renversée…). On équipe les enfants de tabliers adaptés à chaque activité.

Le développement sensoriel : Muriel Lefebvre propose un ensemble d’activités simples à mettre en oeuvre pour développer chaque sens.

Le développement du langage : on laisse à l’enfant des livres en libre service, on utilise un langage clair, riche et concret, on joue à des jeux de langage avec l’enfant et on l’écoute. On peut mettre en place un atelier de peinture pour préparer à l’apprentissage de l’écriture.

L’importance de la nature dans la pédagogie Montessori : on peut se servir des documentaires animaliers. L’idéal est de faire découvrir à l’enfant de vrais animaux et de vraies plantes.

Pour la musique, il ne faut pas saoûler l’enfant, mais sélectionner au contraire soigneusement ce qu’on lui fait écouter, sur de courtes durées. Le silence doit plutôt être la règle générale. On peut aussi fabriquer des petits instruments de musique avec et pour l’enfant.

Montessori pour les bébés : troisième partie

Cette partie concerne les apports d’Emmi Pikler (1902 – 1984), pédiatre comme Maria Montessori, et qui a obtenu de très bons résultats dans un institut hongrois qui recueillait des bébés orphelins de guerre après la deuxième guerre mondiale.

Les principes sont :

– des échanges verbaux très présents

– un environnement sécurisé

– des moments de sieste

– la liberté de mouvement

– les soins quotidiens en conscience

D’autres apports : le tunnel piklérien, la table à langer, l’importance du langage auprès des bébés dès leur naissance.

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