« Solutions locales pour un désordre global » de Coline Serreau – film

Quelques idées retenues de ce film-documentaire passionnant.

solutions locales - désordre global

L’agriculture occidentale moderne est issue des deux guerres mondiales du XXème siècle .

Par exemple, les tracteurs sont des tanks recyclés, et les fertilisants sont les anciens gaz moutardes etc.

Les industriels ont vu dans l’agriculture un débouché pour tout ce matériel de guerre. Cela a bien marché dans les pays du Vieux Monde, mais pour les pays en développement, ce système était une veine ouverte, car l’agriculture s’est « modernisée » en achetant tout aux pays industrialisés, et pour cela, a emprunté de grosses sommes à des taux astronomiques…

La « Révolution Verte » était verte uniquement par la couleur des dollars !

On n’a rien gagné en terme de progrès agricole. En effet, on a drastiquement réduit la diversité génétique. En Inde, on est passé de 200 000 à 50 000 variétés de riz. Les famines sont toujours aussi nombreuses, et tout le monde sait que les soit-disant solutions industrielles sont contre-productives, car l’objectif principal est de faire de l’argent, et non de permettre aux populations de se nourrir. En effet, la Révolution Verte a tué sol, air, et eau, et supprimé ainsi pour de nombreuses populations la possibilité de leur subsistance. A l’extrême, on peut considérer que la Révolution Verte est un génocide, car on a tué la source naturelle d’alimentation de ces populations, or le génocide est caractérisé par la volonté de blesser ou faire disparaître un groupe de personnes, une population.

 

En France, 95% des cours d’eau français sont pollués par 240 polluants, essentiellement agricoles.

Par ailleurs, dans cette agriculture industrialisée, tout tourne autour du pétrole (essence des tracteurs, les fertilisants, le plastique…). Or le pétrole est une ressource épuisable et non durable… Tout sauf verte…

Quel progrès pour les populations ?!

Les populations n’ont rien gagné du tout. En Inde, toutes les heures, deux agriculteurs se suicident. Dans les pays occidentaux aussi, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. A chaque disparition d’agriculteur, c’est 5 emplois directs et indirects qui disparaissent aussi.

Les agriculteurs qui quittent la terre, que deviennent-ils ? 200 000 agriculteurs de moins en France, c’est proportionnellement 600 millions d’agriculteurs indiens de moins : que fait-on de ces gens désormais sans emploi ? Tout cela, ce sont des révoltes et de la violence en germe.

Agriculture féminine, agriculture masculine

Par ailleurs, dans des pays comme l’Inde et dans beaucoup de pays africains, la nourriture, donc l’agriculture, était le dernier domaine de pouvoir des femmes. En industrialisant l’agriculture, on l’a rendue « masculine », et on n’a pas du tout aidé la cause des femmes…

Et on perd en même temps les savoirs ancestraux. 

Nous vivons désormais dans un désert virtuel

On enrichit les plantes mais pas le sol, on ne répand plus de fumier. L’équilibre agro-sylvo-pastoral est rompu. Le jour où l’on n’arrêtera de répandre des engrais sur les plantes, plus rien ne poussera, les sols sont morts.

On a tué les sols, on vit donc dans un désert virtuel, y compris en France.

Exemple d’un agriculteur indien dans son exploitation durable – et rentable

Ce paysan a, pendant un temps, cultivé son terrain de manière industrielle, avec une certaine « réussite » si on se place du point de vue des industriels (il a gagné plusieurs prix). Mais, comme il le dit lui-même, « il n’était rien ».

Aujourd’hui, il a complètement changé son mode d’exploitation agricole, et est passé au tout biologique. Sur 1.8 hectare de terrain, il parvient pourtant à nourrir une famille de 15 personnes, et de surcroît, à vendre chaque année 15 tonnes de fruits, 10 000 noix de coco, 2 tonnes de légumes et 4 tonnes de céréales ! Pour cela, il a beaucoup réfléchi : il a planté 480 arbres (les racines retiennent l’eau, les feuilles se transforment en engrais pour le sol), récupère les eaux de pluie, et y élève des poissons (400), produit ses propres semences et son propre engrais (bétail + arbres qui produisent des fruits 5 fois par an utilisés comme excellent engrais), et en plus, il bénéficie d’un magnifique cadre de vie, grâce à ce système agro-forestier.

L’agronomie moderne évacue toutes les fonctions naturelles et gratuites de l’écosystème,

pour y substituer des artifices polluants et coûteux de l’industrie pétrochimique.  Les chaires de microbiologie ont été supprimées partout dans le monde. Les spécialistes de la vie du sol se comptent donc désormais sur les doigts d’une main. Les agronomes formés actuellement ignorent que le sol est vivant. Aucun scientifique ne peut obtenir de fond pour faire de la recherche sur l’effet néfaste des pesticides et des engrais, puisque ce serait supprimer un débouché économique, donc les gouvernements ne peuvent le permettre…..

Un sol vivant ressemble à du couscous

Les insectes et vers de terre qui vivent naturellement dans le sol, l’aèrent, or les racines ont besoin de cet oxygène, et le nourrissent (excréments). Les insectes sont gratuits ! La bonne nouvelle, c’est qu’il suffit d’introduire du compost dans le sol, pour que cette vie reprenne.

Le gros problème du labour profond, c’est que la terre est lissée, séchée, et qu’elle meurt, elle s’érode et devient du béton. Il faudrait se contenter de la travailler en surface. De plus, la paille est enfouie par les labours tellement profondément, qu’elle pourrit et ne se décompose même pas.
Aujourd’hui, les racines des ceps de vigne poussent souvent à l’horizontal, elles ne rentrent pas dans le sol. C’est bien utile d’avoir un bon terroir !

On a essayé de nous faire croire que sans les engrais chimiques, nous allions tous mourir de faim…

Car les solutions naturelles sont gratuites… Les insectes ne coûtent rien, et il suffit d’une haie pour les nourrir avec des petits débris végétaux sur lesquels poussent des champignons. Par ailleurs, si on laisse un couvert végétal, et que l’on plante les graines dans ce couvert, elles poussent sans engrais, sans pesticides ni herbicides. Mais la nature fait peur, on veut la discipliner.

L’agriculture moderne, c’est devenu la gestion des pathologies des plantes et des animaux

Le blé malade est vendu au même prix que le blé sain, pourquoi s’embêter à faire pousser du blé sain ? Le sol est souvent couvert d’algues, le blé de champignons, on fait manger de la viande aux vaches, mais le prix reste le même…

Or, ces plantes et animaux malades, cela créent des gens malades, qui consomment des médicaments, donc dépensent de l’argent… Et la boucle est bouclée.

Plus l’environnement est pollué, plus le PIB augmente, car le PIB, c’est l’argent qui circule (ordures à traiter, personnes à soigner, eau ou air ou terre à dépolluer…).

Exemple d’un agriculteur ukrainien

Cet agriculteur a reçu l’ordre, au début des années 1970, par les autorités politiques communistes, d’utiliser les pesticides et autres produits chimiques, de manière intensive. Cependant, il s’est rendu compte que cela avait un très mauvais impact sur la santé des agriculteurs. Donc il a demandé l’autorisation de cultiver en bio, autorisation qui lui a été accordée dès lors que son rendement restait conforme aux objectifs fixés par le gouvernement.

Alors il a appliqué 3 principes :
– pas de labour profond
– engrais organique uniquement, et utilisation de la biomasse (engrais vert)
– rotation des cultures et repos régulier de la terre par des cultures de couvert (qui font de l’engrais vert).

Ainsi, dans son exploitation, la terre n’a pas été labourée depuis 30 ans. Elle est extrêmement riche et vivante, et ressemble bien à du couscous. Les rendements de l’exploitation sont très bons.

Contrôler les semences, c’est contrôler les populations

En 1961 a débuté le contrôle des semences. 5 multinationales se sont approprié 75% des semences et en premier lieu, Monsanto.

Les anciennes variétés ont été remplacées par des hybrides F1, qui sont des variétés stériles ou dégénérescentes, qu’il faut donc racheter chaque année.

Le catalogue officiel des semences en Europe et en France, c’est 99.5% à 100% de semences hybrides ! Et les autres sont interdites.

Les multinationales ont confisqué le vivant. Avec ces hybrides, tout un package doit être acheté par l’agriculteur : les pesticides, les engrais etc., et même l’irrigation, puisqu’on vend la même semence à celui qui cultive dans un terrain sec et à celui qui vit dans un terrain humide.

En France, il y avait, il y a quelques dizaines d’années, 600 variétés de fruits en France. Aujourd’hui, on n’a plus que 5 variétés de pommes commercialisées. En plus, il faut payer des royalties car la plupart sont américaines. Pourquoi a-t-on préféré la golden aux autres variétés ? Parce qu’elle nécessite 30 à 40% de pesticides en plus d’autres variétés plus rustiques et locales.

Des structures se battent contre cette uniformisation : Kokopelli, la ferme de Sainte Marthe, des coopératives de semences, par exemple en Inde. Le principe : donner des semences à un paysan, qui doit en donner à deux autres etc.

Pierre Rabhi : « bientôt, il ne faudra plus se souhaiter bon appétit, mais bonne chance, au début d’un repas ! »

Les OGM sont une belle hypocrisie : ils ne sont pas destinées à éviter l’emploi des pesticides, herbicides etc, mais au contraire, ils sont destinés à pouvoir en tolérer d’énormes quantités… qui se retrouvent… dans notre assiette !

La France n’est pas du tout autosuffisante. Sans importation, c’est la famine en moins d’un mois.
Selon certains, ce serait normal que les gros agriculteurs, qui bénéficient des subventions européennes (impôts), réservent une partie de leurs terres à des cultures vivrières pour les populations locales.

Le choix de notre nourriture, c’est la réinvention de la démocratie. 

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